Bourse et Economie : Problèmes de dette, quels impacts ?

Aurait-on oublié les dettes ?

Pour profiter des taux bas (comme nous y étions invités par de nombreuses publicités), particuliers et entreprises du monde entier se sont rués à la banque où sur les marchés obligataires.

La dette ne coutait rien, pourquoi ne pas emprunter ? C’était fort logique… On a naturellement tendance à continuer à danser tant que la musique joue.

Cela fait plus de 10 ans que les taux d’emprunts sont pratiquement à zéro, et plus de 30 ans qu’ils ne font que baisser : le son de la flute nous aurait-il envoûté ?

L’endettement est à son plus haut historique

Résultat : l’endettement des entreprises et des ménages est aujourd’hui à son plus haut historique, alors que nos Etats ont décidé d’arrêter les économies pour enrayer la propagation du Coronavirus, une mesure sans précédent.

On pouvait aller prendre son café dans la rue même pendant la grande récession… Tout cela donne matière à réfléchir.

Chez l’Investisseur Français, nous ne cédons pas aux discours alarmistes ni « fin du mondistes » : nous avons foi dans l’énergie créatrice de l’Humanité et dans sa capacité à se sortir de toutes les situations, aussi difficiles qu’elles soient. Les hommes ont le pouvoir de créer leur réalité, la nature nous a donné cette chance.

Nous essayons à notre modeste niveau d’adopter une stratégie d’investissement la plus intelligente possible en tenant compte du contexte.

Une nouvelle nécessité : gérer la dette

Le stress financier pour beaucoup d’entreprises exposées à la consommation (qui représente l’immense majorité de l’économie réelle) est actuellement sans précédent. Certaines sociétés devront faire face au scénario « zéro chiffre d’affaires » de manière contrainte, indépendamment de leur gestion passée. Cela est d’ailleurs particulièrement injuste à court terme pour celles qui ont bien servi leurs clients et géré leurs affaires de façon prudente. Mais (heureusement) cette prudence, c’est justement ce qui leur permettra de survivre à long terme.

Car la majorité des entreprises, y compris celles cotées en bourse, vont avoir un problème inattendu de toute autre nature : la gestion de leur dette.

Si les dettes étaient « autrefois » couvertes X fois par l’EBITDA (=bénéfice fictif qui ne correspond à rien pour la plupart des entreprises) annuel, quand il n’y a plus de ventes, il n’y a plus d’EBITDA. Manque de « chance », la plupart des dettes sont bancaires et comportent des « covenants » qui demandent une limitation du montant nominal de la dette et des intérêts par l’EBITDA au moins (et parfois même par les vrais bénéfices de l’entreprise, mais c’est plus rare dans le monde d’aujourd’hui) : quand il n’y a plus de chiffre d’affaires, il n’y a même plus d’EBITDA (déjà fictif auparavant).

Arrive alors la rupture des covenants, et il faut renégocier la dette : les banques centrales et les gouvernements forcent la main aux prêteurs à court terme. Ils font ce qu’ils peuvent, et c’est tout à leur honneur du reste.

En France, on peut par exemple emprunter jusqu’à 3 mois de chiffres d’affaires assez facilement aujourd’hui.

Beaucoup de questions sans réponse

Est-ce que ce sera suffisant ? Est-ce que le consommateur, qui vient peut-être de paniquer à la suite d’une épidémie (sans aucun jugement sur le bien-fondé de cette panique) retrouvera immédiatement la confiance lorsqu’on lui dira de retourner consommer ? Déjà, pourra-t-il facilement garder son logement s’il perd son emploi parce que son employeur aura peut-être des difficultés financières ? Si cela devait arriver, pourra-t-il lui-même facilement continuer à payer ses propres dettes de sa résidence principale ? Autant de questions auxquelles il est difficile de donner une réponse satisfaisante.

Le bruit court dans les médias que rien ne sera plus jamais comme avant : nous souhaitons qu’ils aient tort, tant pour le bien de l’économie réelle que de notre société à moyen terme.

Mais ce genre de prophéties non fondées deviennent parfois auto-réalisatrices, si tant est que les gens y croient. En plus, elles ont une fâcheuse tendance : celle de pousser ceux qui les écoutent à la dépression. Cela réveille l’anxiété et empêche bien des individus et même des communautés entières dans notre monde de créer ce dont ils ont envie et de réaliser leurs rêves (nous sommes convaincus que la dépression économique ne pourrait pas exister longtemps si nous étions toujours en train d’essayer de créer quelque chose de meilleur).

Dans ce cas, combien de temps faudra-t-il pour que l’économie redémarre ? Ou pire qu’elle se reconstruise autour de nouvelles habitudes ?

Nous n’avons pas de réponses à ces questions : dans les cas les plus pessimistes, nous pouvons entrevoir la pire des récessions jamais crées par l’humanité (car ce sont bien les réactions des hommes – et des gouvernements en particulier -, et non l’épidémie, qui ont créé la récession actuelle).

Il est important de ne pas céder au pessimisme : nous devons simplement être prêt pour tous les scénarios et adapter notre stratégie en conséquence.

Que faire en tant qu’investisseur dans ce contexte ?

Accumuler le cash

Ça n’a pas l’air génial : Les banques centrales vont imprimer comme jamais, c’est déjà acté. Il y a un risque d’inflation. Dans ce cas, le cash n’aura plus la même valeur dans les années qui viennent, car nous perdrons du pouvoir d’achat.

Prendre des obligations

C’est généralement stupide : qui veut prêter à taux zéro ou payer pour prêter s’il y a ne serait-ce qu’un tout petit risque d’inflation ?

Il y a quelques obligations d’entreprises « bien notées » (on sait que les subprimes étaient aussi bien notées en 2007) qui décotent fortement sur leur valeur nominale et promettent des rendements de l’ordre de 20% par an. C’est peut-être une option, mais il faut faire très attention à ne prendre que des entreprises qui vont encore avoir du chiffre d’affaires même dans une récession : le choix se retrouve alors assez vite réduit.

L’immobilier ?

Si on veut bien continuer à prêter à taux zéro alors que les prix baissent, cela deviendra peut-être une bonne option… Faîtes attention à l’emplacement et surtout au prix. Refusez de payer 30 fois votre loyer ou plus : vous pourriez avoir quelques surprises et vous retrouver dans une prison professionnelle pour payer vos dettes pendant plusieurs décennies… Les temps peuvent changer, et l’attractivité des zones géographiques aussi. La ville de Coimbra au Portugal avait l’immobilier le plus cher en Europe il y a 800 ans… Les temps peuvent vraiment changer.

Les indices actions ?

Ça devrait pouvoir marcher à long terme, à condition d’être prêt à racheter en cas de baisse pendant plusieurs mois (voire années) si les économies tardent à repartir. Nous ne savons pas dire si un scénario de récession durable est aujourd’hui dans les cours (un ralentissement de l’économie a clairement été intégré, mais de quelle ampleur ? Et cette ampleur sera-t-elle suffisante si les taux viennent à remonter ?). Et là aussi, la majorité des entreprises des grands indices sont endettées, et cela pourrait poser quelques problèmes à celles soumises aux fortes baisses des chiffres d’affaires. Mais les Google, Apple, Amazon et Facebook de ce monde devraient survivre très facilement avec leurs bilans en béton armé et leurs activités assez résilientes (même si la publicité reste un business cyclique, Google et Facebook ne perdront pas 100% de leur chiffre d’affaires). Dans l’ensemble, les indices finiront tôt ou tard par se reprendre, même s’il faudra peut-être attendre plus longtemps que prévu.

Le stock-picking ?

C’est ce que nous faisons, mais là aussi, il faut là-aussi faire très attention. Eviter les entreprises endettées et soumises à une perte importante de chiffre d’affaires pourrait se révéler prudent, peut-être même salvateur… Et c’est peut-être dans ce contexte que ceux qui sélectionnent encore leurs actions auront la chance de faire une différence.

Dans tous les cas, il est important de n’investir que de l’argent dont nous n’aurons pas besoin.

Bons investissements à tous !

Attention : il est rappelé que l’investissement en bourse comporte un risque de perte de capital. Aucune information publiée sur ce site n’est un conseil d’achat ou de vente. Chaque lecteur est pleinement propriétaire et responsable de ses investissements.

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