Business 101 : Compagnies Electriques & Ferroviaires

Cet épisode consacré aux compagnies électriques (dites “utilities”) et ferroviaires fait suite au premier de la série business 101 : minières, pétrolières & matières premières.


Réputés être des “business de rentiers” : la prévisibilité des revenus est l’énorme avantage.

La production d’électricité reste plus ou moins constante (typiquement indexée à a croissance économique de la juridiction servie) et son prix de vente est régulé.

Le transport ferroviaire est lui aussi directement indexé à la croissance économique. Sur de longues distances, les opérateurs de train sont plus compétitifs que leurs rivaux du fret (camions et avions), et plus écologiques.

Dans ces deux industries, les business tirent leurs capacités bénéficiaires d’actifs précieux, uniques et difficilement reproductibles – par exemple une voie de chemin de fer qui traverse le continent américain, ou une centrale nucléaire qui sert toute une partie du pays.

Les barrières à l’entrée (coût de reproduction des actifs, homologation du régulateur, réticence naturelle du client à changer de fournisseur si bon historique de service, etc.) sont importantes et quasi infranchissables pour un nouvel entrant.

Les colossaux investissements de maintenance (car il ne suffit pas d’exploiter – il faut aussi entretenir ses trains, voies ferrées et centrales nucléaires !) sont l’inconvénient majeur : ces incompressibles volumes de cash qui partent à l’entretien des immobilisations ne pourront pas être reversés aux actionnaires, ni réinvestis dans la croissance de l’entreprise.

Une compagnie électrique ou ferroviaire bien gérée :

(1) gagne et conserve au bilan de quoi servir pendant plusieurs années de récession les intérêts de sa dette et les dividendes de ses actions;

(2) exploite un portefeuille d’actifs diversifié qui lui permet de supporter un accident ou un ralentissement économique sans pénalité excessive;

(3) croît en obtenant de bons rendements sur ses investissements dans de nouvelles capacités (ce qui est exceptionnellement difficile, a fortiori dans un marché saturé type pays industrialisé).

Les points critiques à surveiller sont donc la qualité et durabilité de la capacité bénéficiaire, la couverture des intérêts et des dividendes, et le ROI sur le capital investi (les montants y sont astronomiques : l’enjeu est donc décisif).

Puisqu’ils ne peuvent réinvestir dans leurs opérations pour spectaculairement augmenter leur valeur intrinsèque (comme par exemple Facebook ou Amazon), ces business sont généralement de gros payeurs de dividendes.

A ce sujet, (re)voir notre article Dividendes 101. En version plus folklorique, dixit Warren Buffett :

Owning a utility isn’t a way to get rich, but to stay rich.

(source)

Dernier avertissement : les actionnaires devront veiller à ce que le dividende qu’on leur verse ne soit pas payé par des souscriptions de dettes ou des émissions d’actions : si on les paie d’un côté pour les diluer de l’autre, c’est qu’on les prend pour des ânes.

Plus d’argent a été perdu à la poursuite d’un dividende qu’au bout portant du arme à feu. Voir notre article Les Génies du Cash-Burn si nécessité de s’en convaincre.


A suivre dans la même série : technologiques, banques, assurances, automobile, pharmaceutique, retail, industrie, courtage, gestion d’actifs, foncières, etc.

P.S. : ce texte, comme tous nos contenus, n’est pas un conseil. C’est uniquement une opinion qui n’engage que son auteur, et rien de plus. Il est rappelé qu’investir en bourse comporte un risque de perte de capital.

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