L’Argent Facile – bis

Il faut parfois creuser des années durant pour dénicher de bons investissements — et parfois, ce sont eux qui viennent à nous.

Deux Franchises Extraordinaires

Le scandale éclate en 1997 : Nike est accusé de faire travailler des enfants dans ses ateliers de confection de ballons au Pakistan. L’indignation est mondiale, le cours de l’action immédiatement divisé par deux.

Une franchise d’exception, des retours sur capitaux hors-normes et 25% de croissance annualisée à seulement douze fois les profits ? Lou Simpson n’en demandait pas tant. Quinze ans plus tard, son investissement initial était multiplié par huit.

En 1988, Warren Buffett entreprend l’un de ses plus fameux investissements : Coca-Cola. Il n’arrive pourtant pas au meilleur moment : à quinze fois les profits, le cours de l’action avait rebondi — suite à l’arrivée de Roberto Goizueta aux commandes de l’entreprise.

Mais le contexte était lui aussi particulier : à plus de 9%, les taux d’intérêt étaient haut, trop hauts. La normalisation vers la moyenne historique (6%) était déjà actée. Pour faire travailler ses milliards, Buffett avait le choix entre un 9% “sans risque” attendu à la baisse et un Coca-Cola à 6,67% (quinze fois les profits) servi avec une superbe optionalité de croissance.

Dix ans plus tard, son investissement initial aura composé à un rendement annualisé supérieur à 20%. Particularité de l’entreprise Coca-Cola : de très faibles besoins en réinvestissement garantissent une inimitable capacité à retourner près de 80% du free cash-flow aux actionnaires.

Il n’y a que Moody’s pour faire mieux. Qui s’étonnera que Buffett y ait aussi investi, cette fois-ci à vingt-deux fois les profits ?

Investissements Opportunistes

En 2012, Julien Lepage investit dans Google. La partition est connue : un leader mondial champion de son industrie, 20% de croissance annualisée, douze fois les profits.

Avec un bilan surchargé en cash, des retours sur capitaux supérieurs à ceux de Coca ou de Nike et une position compétitive inattaquable, l’allocation du capital du mastodonte du web devient une variable secondaire : la qualité intrinsèque de l’affaire est telle qu’un banal mix de rachats d’actions et de dividendes suffit à assurer le gros lot à son heureux propriétaire.

Dix-huit mois plus tard, Lepage a déjà doublé son capital.

Six points communs entre ces trois entreprises et investissements extraordinaires : ce sont (1) des franchises plébiscitées sur les cinq continents, (2) qui disposent d’un réel pricing power et (3) de budgets publicitaires difficilement duplicables par la concurrence, (4) aux retours sur capitaux prodigieux, (5) à la croissance soutenue, et (6) qui traversent une adversité passagère.

Growth and value investing are joined at the hip.

Ce que Simpson, Buffett ou Lepage ont fait, chacun aurait pu le faire de chez lui, sans recours à de savants calculs ni laborieuses méthodes d’analyse : patience, bon sens et courage suffisaient à faire la différence.

L’opportunité — la vraie — se présente trop rarement pour être boudée. Si d’aventure elle y consent, ne pas rester les bras croisés.

Just do it.

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