Analyse Atari

Atari est un des pionniers du secteur du jeu vidéo. L’entreprise a pour vocation d’éditer, produire, développer ou monétiser (via des accords de licences) son portefeuille de jeux, qui en comporte plus de 200. Elle les adapte aujourd’hui principalement aux tablettes et smartphones et, plus marginalement aux consoles de jeu.

Après de longues années de galère financière (culminant avec la banqueroute de sa filiale US dont la société est à présent au moins temporairement sortie), Atari est parvenue à afficher un résultat opérationnel courant positif en 2015 et en 2016.

Toutefois, ce dernier ne tient pas compte de la R&D capitalisée : malgré ses indéniables progrès, la société continue en réalité à perdre du cash. [1]

Au 31 mars 2016, le bilan est fragile, avec des capitaux propres négatifs assortis d’une importante dette. [2]

Toutefois, une embellie est à prévoir de ce côté-là.

En effet, l’entreprise était en litige avec le fonds Alden, qui détenait la majorité de sa dette. Atari et Alden sont parvenues en juillet 2016 à un accord d’échange de la dette contre des actions : cela permettra aux capitaux propres de repasser en territoire positif (2,3 millions au 31 mars 2016 si l’on utilise des comptes proforma) tout en diminuant la dette financière nette (de 13,3 millions d’euros à 800 mille euros).

Combien le marché demande-t-il pour acheter une telle entreprise ?

Avec 183,2 millions d’actions au 31 mars 2016 et 16,8 millions d’actions restant à émettre au cours de l’année pour rembourser la dette auprès d’Alden, on retient un nombre d’actions de l’ordre de 200 millions dans le cadre de l’analyse.

Au cours de 0,22 EUR, la capitalisation boursière de l’entreprise ressort à 44 millions.

Aujourd’hui, rien ne justifie une telle cotation, si ce n’est un espoir important sur les futures perspectives de l’entreprise.

Ils sont compréhensibles car la croissance du chiffre d’affaires au cours de l’exercice 2016 est importante (il est passé de 7,6 à 12,6 millions d’euros). Cela pourrait suggérer une reprise réelle de l’activité.

 

Conclusion

Dans le cadre d’une démarche d’investissement prudente, un investisseur ne saurait spéculer sur de telles perspectives.

Bien entendu, si l’importante croissance de l’activité se poursuivait dans le temps de manière rentable et si le bilan parvenait à être préservé, il sera alors peut-être pertinent de regarder Atari de plus près (mais cela fait beaucoup de si).

Il est rappelé (si nécessaire) que L’Investisseur Français ne cherche pas à prédire l’évolution d’un cours de bourse à court terme (souvent aléatoire), mais à déterminer la véritable valeur d’une entreprise.

Cette analyse reflète la seule opinion de son auteur : elle n’est pas une recommandation d’achat. L’équipe de l’IF décline toute responsabilité concernant les développements (favorables ou défavorables) d’un investissement dans l’entreprise présentée; chaque lecteur est maître de ses décisions. A date de publication, l’auteur ne possède pas d’actions de l’entreprise présentée.

 

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Risques

Un investissement dans Atari présente intrinsèquement des risques importants :

Le secteur du jeu vidéo est particulièrement difficile : très concurrentiel, très capitalistique (impossible d’y obtenir des revenus récurrents sans consentir à d’importants frais de développement), avec des cycles de développement souvent longs, il faut sortir beaucoup de hits avant d’espérer y prospérer. De fait, la plupart des producteurs y souffrent en permanence (à notre connaissance, seule Activision Blizzard y prospère réellement et de manière durable, et profite de sa position pour acquérir les producteurs de niche profitables – comme King Digital, créateur de la saga Candy Crush).

Lorsqu’Atari ne produit pas ses jeux, elle achète des licences. Une incapacité à reconduire ces licences à des prix acceptables peut mettre l’entreprise en danger. Par exemple, Rollercoaster Tycoon est une licence stratégique pour le développement commercial d’Atari mais n’est valable que jusqu’en 2019.

Les succès dans le jeu vidéo sont souvent éphémères. Avec seulement 14 personnes dans ses effectifs et des budgets très limités de par sa petite taille, il n’est pas certain qu’Atari ait une équipe en mesure de créer des succès durables ou une pléthore de succès éphémères répétés.

 

Détail des calculs

[1] Génération de cash (free cash-flow)

millions €2013201420152016S1 2016
Cash-flow opérationnel (a)-1,42,3-0,2-0,5-0,7
Investissements (b)00-2,8-3,9-1,8
Free cash-flow * (a) – (b)-1,42,3-3-4,4-2,5

* Lorsque les chiffres sont négatifs, il faut ajouter les deux chiffres.

 

[2] Capitaux propres négatifs et dettes

Le bilan au 30 juin 2016 fait apparaître une dette financière supérieure à 15 M€ alors que la valeur totale des actifs est de seulement 10,2 M€. Au final, les capitaux propres sont négatifs de 13,6 M€. Le bilan est très fragile.

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