Analyse Crédit Agricole

Présentation du groupe Crédit Agricole et de ses résultats

Le Crédit Agricole est un groupe bancaire universel qui regroupe a à la fois des banques de détail (dont LCL et 25% des 39 caisses régionales qui constituent le 1er réseau bancaire français), une banque d’investissement, des services de gestion de placements et assurance. Le groupe est parmi les grands acteurs européens sur l’ensemble de ses activités.

Depuis la crise de la zone euro, le bilan de la banque a été réorganisé ce qui résulte dans une baisse considérable de son levier (passé de près de 30 à 17 fin 2016). Il est important d’avoir un bilan solide pour le groupe.

Le Crédit Agricole décote considérablement sur la valeur de ses capitaux propres part du groupe : ceux-ci s’élèvent à 98,6 milliards d’euros fin 2016, tandis que la capitalisation boursière de l’entreprise est inférieure à 36 milliards d’euros au cours de 12,4 euros par action.

Cependant, le Crédit Agricole a historiquement une faible rentabilité sur ses opérations : si celle-ci est plus ou moins satisfaisante dans les caisses régionales (5 à 10%, selon les caisses, n’est pas si mal dans un contexte de taux bas qui pèse sur les marges d’intérêt) ou encore dans les services aux investisseurs, elle pêche dans les autres divisions, par exemple chez LCL (qui, d’après la direction, accepte de baisser ses marges d’intérêts sur ses prêts pour maintenir ses parts de marché).

D’ailleurs, si les bénéfices publiés apparaissent à première vue décents ces dernières années, la lecture du compte de résultat montre que ce sont davantage les gains sur instruments financiers à la juste valeur ou sur actifs financiers disponibles à la vente que les opérations qui contribuent au bénéfice net publié. La rentabilité des opérations est donc pour le moment véritablement décevante.

A combien valoriser ces capitaux propres ? Question difficile : En l’absence d’amélioration, un discount est sans doute de mise pour des capitaux qui ne rapportent pas grand-chose tout en portant le risque d’un levier important. Cependant, le groupe vise un coefficient d’exploitation inférieur à 60 % en 2019, ce qui pourrait alors laisser espérer un bénéfice annuel de l’ordre de 7 milliards d’euros et une valorisation plus en ligne avec les capitaux propres part du groupe (quoi qu’un discount plus réduit pourrait encore subsister).

La perspective de rendement peut donc se décrire ainsi : l’investisseur peut espérer doubler son investissement d’ici 2020 si le management tient son plan stratégique.

Autrement :

– Dans un scénario de continuité, il toucherait un dividende légèrement inférieur à 5% sur le cours de bourse actuel en attendant de meilleures perspectives.

– Dans un scénario de stress, il court un risque de perte assez important : en effet, une institution à effet de levier et dont le bilan est opaque peut fortement souffrir d’une conjoncture économique défavorable ou encore de dépréciations d’actifs. Il est difficile de se prononcer sur le probabilité d’un tel scénario, mais la situation économique en Europe demeure pour le moment tendue.

 

Conclusion

Un investisseur optimiste sur la réalisation du plan « Ambition 2020 » par le management pourrait être intéressé par un investissement dans Crédit Agricole. La perspective de gain apparaît attractive (x2 d’ici 2020) et un dividende décent est versé en attendant.

Un investisseur plus réservé sur les chances d’aboutir du plan ou sur les perspectives économiques en France et en Europe sera sans doute moins partant pour prendre le risque de l’investissement.

Il est rappelé (si nécessaire) que L’Investisseur Français ne cherche pas à prédire l’évolution d’un cours de bourse à court terme (souvent aléatoire), mais à déterminer la véritable valeur d’une entreprise.

Cette analyse reflète la seule opinion de son auteur : elle n’est pas une recommandation d’achat. L’équipe de l’IF décline toute responsabilité concernant les développements (favorables ou défavorables) d’un investissement dans l’entreprise présentée; chaque lecteur est maître de ses décisions. A date de publication, l’auteur ne possède pas d’actions de l’entreprise présentée.

Accédez en une fois à toutes les analyses cote française publiées pour seulement 150 euros HT avec l’offre cote française. L’accès est valable jusqu’au 06/11/2017 et inclut toutes les parutions jusqu’à cette date.

Vous souhaitez aussi accéder aux recherches de L’Investisseur Français sur les bourses étrangères ? Optez pour l’offre premium pour accéder à toutes les analyses cote française, plus de cent analyses sur les bourses étrangères, aux formations de L’Investisseur Français et bien plus.

Articles Liés

↓