Analyse Bernard Loiseau

 

Bernard Loiseau a été le premier chef étoilé à introduire son entreprise en bourse. L’entreprise éponyme propose non seulement une offre de restauration haut de gamme, mais également une offre d’hébergement.

Avec 1 432 100 actions en circulation et un cours de 3,25 euros, sa capitalisation boursière ressort à 4,65 millions d’euros.

Le groupe affiche des capitaux propres globalement stables dans le temps. Toutefois, la situation de liquidité du bilan se dégrade au fil des années. Par exemple, la trésorerie nette de dette en 2010 s’élevait à 2,3 millions d’euros alors qu’au premier semestre 2016, l’entreprise affiche une dette nette de 568 mille euros.

Comme l’entreprise ne versait jusqu’en 2015 qu’un très modeste dividende, la stagnation des capitaux propres couplée à la dégradation de la situation financière montre que l’entreprise ne créée pas de valeur dans le temps pour l’actionnaire (ce que le cours de bourse à long terme semble plutôt bien refléter à date).

Pour espérer faire un rendement sur son investissement, un investisseur prudent ne peut acquérir une telle entreprise que si :

  • elle décote fortement sur son patrimoine tangible,
  • ce patrimoine peut être monnayé dans le temps.

Les capitaux propres au premier semestre 2016 s’élèvent à 10,566 millions d’euros, tandis que les capitaux propres tangibles sont de 9,146 millions d’euros. Ils sont essentiellement constitués d’immobilisations. La valeur d’acquisition des terrains et constructions est de 14 millions d’euros au lieu de 9 millions environ portés au bilan en valeur amortie.

Ainsi, le parc foncier net de dettes de Bernard Loiseau vaut plutôt 14 millions d’euros que 9 millions d’euros, voire davantage si ce foncier s’est apprécié dans le temps.

Ainsi, avec une capitalisation boursière de 4,65 millions d’euros, Bernard Loiseau apparaît fortement décotée par rapport à la valeur de son patrimoine.

Toutefois, à date d’analyse, rien n’indique que l’entreprise souhaite monnayer ce patrimoine et rendre l’argent aux actionnaires. Le management semble plutôt la gérer dans le but d’afficher un résultat proche de zéro (mais positif) et non pour monnayer son patrimoine.

Un observateur pourrait se demander si cette entreprise n’est pas plutôt gérée pour les salariés que pour les actionnaires. A titre d’information, les mandataires sociaux, également actionnaires, ont été rémunérés à hauteur de 524 mille euros au titre de l’exercice 2015, alors que le résultat net de l’exercice était de 210 mille euros.

Un investisseur prudent qui ne serait pas confiant dans les perspectives de monétisation du parc immobilier de Bernard Loiseau par le management de l’entreprise pourra envisager de passer son chemin, malgré l’existence d’une importante décote.

 

Il est rappelé (si nécessaire) que L’Investisseur Français ne cherche pas à prédire l’évolution d’un cours de bourse à court terme (souvent aléatoire), mais à déterminer la véritable valeur d’une entreprise.

Cette analyse reflète la seule opinion de son auteur : elle n’est pas une recommandation d’achat. L’équipe de l’IF décline toute responsabilité concernant les développements (favorables ou défavorables) d’un investissement dans l’entreprise présentée; chaque lecteur est maître de ses décisions. A date de publication, l’auteur ne possède pas d’actions de l’entreprise présentée.

 

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