Analyse Barbara Bui

 

Barbara Bui est une marque de mode en perte de vitesse.

La société affiche une forte baisse de chiffre d’affaires en 2015 et au premier semestre 2016, mais elle a manifestement des actifs immobiliers intéressants.

L’entreprise a pour stratégie de fermer ses points de ventes non rentables dans l’espoir de revenir au profit.

Avec 3 millions d’euros de dettes financières et provisions pour une trésorerie de 2,1 millions d’euros au 30/06/2016, la situation financière est un peu juste.

La société a cependant des actifs en excès sur ses dettes, principalement ses stocks (qui tournent plus ou moins) et des immobilisations corporelles, ce qui devrait lui permettre une survie immédiate.

Considérant qu’un bail (soit une dette) a été cédé avec une forte plus-value sur sa valeur au bilan au S1 2016, on peut même penser qu’il y a quelques actifs cachés dans l’entreprise.

Les capitaux propres au 30/06/2016 sont de 6,18 millions d’euros. Il faut cependant prendre garde au fait que les immobilisations financières sont simplement des loyers versés d’avance. Il convient donc de retraiter leur montant (de 1,1 millions d’euros) à la valeur comptable pour obtenir une image plus fidèle. Ainsi, il y a 5,08 millions d’euros de valeur comptable ajustée.

Il y a 674650 actions en circulation au cours de 12,9 euros : la capitalisation boursière est donc de 8,7 millions d’euros.

Seuls des actifs cachés évidents et massifs pourraient justifier un achat de l’entreprise (on pourrait alors envisager une thèse autour de la valeur d’actifs de l’entreprise si les pertes peuvent être arrêtées suffisamment vite).

Ce point a donc été étudié. La valeur brute des amortissements et dépréciations des immobilisations corporelles est de 10,6 millions d’euros contre une valeur nette de 3,16 millions d’euros. Il est difficile d’évaluer l’ampleur de la décote sur la base de cette seule information, car il faudrait, en toute rigueur, évaluer tout le parc immobilier de Barbara Bui emplacement par emplacement, un exercice très fastidieux.

Ce travail vaut-il la peine d’être conduit ?

C’est peu probable, dans la mesure où les pertes opérationnelles de l’entreprise sont supérieures à 1,5 millions d’euros sur le seul premier semestre 2016.

Ainsi, au vu de la situation de trésorerie, la société devra rapidement rechercher du financement si cette situation perdure (elle n’a pas la marge de manœuvre d’une entreprise dont l’assise financière se compte en milliards d’euros).

Alors, il faudrait sans doute vendre des emplacements du parc immobilier, possiblement de manière précipitée.

Même en supposant que la valeur d’actif nette de Barbara Bui soit de l’ordre de 25 millions d’euros à date d’analyse, il est peu probable que la monétisation des actifs puisse se conclure en moins de 3 ans. En provisionnant 10 millions d’euros pour la restructuration de Barbara Bui, on arriverait à une valeur d’actif net de 15 millions d’euros.

L’upside à horizon 3 ans serait alors de 66%, alors que les hypothèses sont optimistes. Il ne justifie donc pas le travail qui doit être fait pour une évaluation précise de Barbara Bui.

Au vu des risques de l’entreprise et de son manque de liquidités, un investisseur prudent ne se hasardera pas à y investir.

Seul un investisseur confiant dans un redressement rapide pourrait être intéressé.

Il est rappelé (si nécessaire) que L’Investisseur Français ne cherche pas à prédire l’évolution d’un cours de bourse à court terme (souvent aléatoire), mais à déterminer la véritable valeur d’une entreprise.

Cette analyse reflète la seule opinion de son auteur : elle n’est pas une recommandation d’achat. L’équipe de l’IF décline toute responsabilité concernant les développements (favorables ou défavorables) d’un investissement dans l’entreprise présentée; chaque lecteur est maître de ses décisions. A date de publication, l’auteur ne possède pas d’actions de l’entreprise présentée.

 

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