Analyse Amundi

À 14 fois ses plus hauts bénéfices, Amundi apparaît moins chère que beaucoup de grandes entreprises sur les marchés actions.

Toutefois, l’investissement n’est pas sans risques, et le titre n’est peut-être pas aussi bradé qu’il n’y paraît au premier coup d’oeil.

 

Pourquoi ?

Filiale à 75,5% du Crédit Agricole, Amundi est un gérant d’actifs d’envergure.

L’offre est diversifiée : fonds actions, des produits de taux, solutions de gestion indicielle et gestion d’actifs non liquides (immobilier et dettes privées).

L’entreprise compte plus de 1 000 milliards d’encours sous gestion au 30/06/2016.

Le business model est intrinsèquement attractif : il s’agit de prendre une commission sur l’encours sous gestion. La réputation de l’entreprise (notamment auprès des assureurs et autres investisseurs institutionnels) aide à une bonne dynamique de collecte.

Il présente cependant une cyclicité corrélée avec la performance des actifs sous gestion. En effet :

– une performance négative des encours entraine mécaniquement une baisse des actifs sous gestion (en effet, une baisse de 50% sur un encours d’un milliard d’euros fait passer ce dernier à 500 millions d’euros),

– de plus, les investisseurs ont historiquement la (fâcheuse) tendance à investir davantage lorsque les prix des actifs montent. Et comme chacun peut le vérifier, les prix des actifs (mobiliers ou immobiliers) européens et américains sont aujourd’hui à des niveaux records. Il n’est pas interdit de penser que ces niveaux sont élevés, ce qui est pour le moment justifié par un contexte de taux bas qui entraine une absence de rémunération sur les placements sans risques… Mais que se passerait-il si les taux remontaient ?

Amundi affiche dans ce contexte des profits records. Il est évident que la conjoncture actuelle n’est pas celle d’un bas de cycle, et il semble peu prudent de tabler sur une croissance durable de ces derniers.

Au cours de 46,4 EUR, la capitalisation boursière est de l’ordre de 7,8 milliards d’euros.

Le résultat net du premier semestre est le plus élevé depuis la création d’Amundi, et il s’élève à 278 m.

En partant sur une hypothèse de 550 millions de résultat annuel normalisé, l’entreprise se transigerait à un peu plus de 14 fois les bénéfices (7800 / 550).

Ce multiple de 14 est en dessous de la moyenne du marché, mais on peut garder à l’esprit qu’il s’agit du plus grand bénéfice jamais réalisé par l’entreprise.

Voilà le sujet justement : si l’on juge attractif ce multiple de 14, cela signifie qu’on suppose qu’Amundi pourra maintenir ce niveau de bénéfice dans le temps pour conserver ce multiple des bénéfices.

Or personne ne le sait en réalité. Il n’est pas dit que le contexte de collecte de fonds continue à être porteur, d’autant plus que les performances des produits de gestion sont toutes dopées par des taux d’intérêt particulièrement bas (or le rendement d’un actif est toujours à comparer avec le taux de rémunération que l’on peut percevoir sans risques : si celui-ci remontait les actifs risqués à rendement bas pourraient alors être moins bien valorisés).

 

Conclusion

Un investisseur qui rechercherait un titre outrageusement bradé ne sera pas pleinement satisfait par Amundi.

La collecte d’en cours est cyclique et le cycle est plutôt en situation haute que basse. 14 fois le bénéfice actuel (en haut de cycle) équivaut peut-être à 20 fois le bénéfice normalisé sur un cycle entier incluant les mauvaises années. Dans un tel cas le titre serait alors plutôt cher.

Il est difficile de calculer rigoureusement la capacité bénéficiaire d’Amundi sur un cycle, car il s’agit d’une introduction en bourse récente et l’activité est en haut de cycle.

Il est rappelé (si nécessaire) que L’Investisseur Français ne cherche pas à prédire l’évolution d’un cours de bourse à court terme (souvent aléatoire), mais à déterminer la véritable valeur d’une entreprise.

Cette analyse reflète la seule opinion de son auteur : elle n’est pas une recommandation d’achat. L’équipe de l’IF décline toute responsabilité concernant les développements (favorables ou défavorables) d’un investissement dans l’entreprise présentée; chaque lecteur est maître de ses décisions. A date de publication, l’auteur ne possède pas d’actions de l’entreprise présentée.

 

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